Ce que le chantier documente
La résidence Les Dryades, à La Riche, compte 48 logements répartis dans deux bâtiments R+5. Les quatre premiers niveaux associent un noyau en béton à des façades à ossature bois non porteuses ; les deux derniers sont entièrement en bois. Les façades reçoivent un système d’isolation par l’extérieur sous enduit minéral, développé par Sto avec le promoteur Icade Promotion, et la livraison a eu lieu en 2025.
Deux dispositions de chantier sont décrites : un prototype de façade monté sur place avant les travaux pour former les compagnons, et des capteurs d’humidité connectés posés dans l’ossature pour suivre son séchage. Les communications consultées ne nomment pas l’agence d’architecture.
Neuf mètres, puis vingt-huit
Le système StoTherm Mineral COB bénéficie d’un Avis Technique sur construction à ossature bois conforme au NF DTU 31.2, jusqu’à R+2 avec un maximum de 9 mètres. C’est l’ATEx n° 2948_V2, déposée par Sto et Icade Promotion, qui porte la pose jusqu’à 28 mètres, pour des bâtiments d’habitation jusqu’à la 3e famille, des bureaux et des établissements recevant du public.
Le document le dit lui-même : une ATEx est une « simple opinion à dire d’experts », et elle n’a pas valeur d’Avis Technique au sens de l’arrêté du 21 mars 2012. Celle-ci est favorable jusqu’au 7 septembre 2027, à condition d’appliquer ses recommandations et de transmettre au CSTB, au plus tard au démarrage, une fiche d’identité de chaque chantier. Son objet affiché est de réaliser de nouvelles références en vue d’un Avis Technique.
Un écart mérite d’être relevé. L’ATEx que nous avons ouverte vise des façades porteuses, en COB ou en CLT. Le chantier de La Riche est décrit, dans les communications, en façades à ossature bois non porteuses sur noyau béton. Le communiqué cite une ATEx sans en donner le numéro : celle qui couvre précisément ce cas n’a pas été retrouvée, et c’est la première pièce à demander avant de prescrire le principe.
Le vrai sujet est l’eau
L’ATEx liste ses propres risques de désordres, et aucun ne porte sur le feu : fissuration de l’enduit si les consommations et les temps de séchage ne sont pas respectés, condensation dans la paroi si le pare-vapeur est mal traité aux points singuliers, entrées d’eau aux baies et aux couvertines, dégradation du bois si l’humidité reste enfermée derrière l’isolant. La sécurité incendie, elle, s’appuie sur une appréciation de laboratoire du CSTB, référencée AL16-186_V2.
Le guide d’aide à la conception publié par le CSTB pour le Village des Athlètes va plus loin. Au-delà de R+2, faute de données suffisantes sur les enduits, il prévoit des bavettes de recoupement tous les deux niveaux, et à chaque niveau au-delà de 28 mètres, pour évacuer l’eau susceptible de se trouver dans la laine de roche. Il limite aussi la résistance thermique totale de la paroi à 8,2 m².K/W pour éviter la condensation à l’interface entre l’isolant et l’enduit.
Pour le concepteur, la conséquence est directe : ces bavettes sont des lignes horizontales en façade, tous les deux étages. Elles appartiennent au dessin de l’enduit, et se décident au moment du calepinage, pas à la fin du chantier.
Ce que proposent les autres
Parexlanko propose Pariso MOB LR-M, un système d’enduit sur laine de roche fixée mécaniquement, destiné aux constructions à ossature bois. La presse professionnelle le rattache à l’Avis Technique 7/14-1595 ; la page du fabricant que nous avons consultée ne donne ni ce numéro ni la hauteur admise.
Rockwool a disposé d’une ATEx pour son système REDArt Ossature Bois, n° 2234, qui couvrait les expérimentations réalisées entre le 1er octobre 2015 et le 29 juin 2018. Cette appréciation est donc échue. La page de Weber consacrée à l’isolation par l’extérieur en laine de roche nous a été refusée à la consultation : elle n’a pas pu être vérifiée.
La comparaison ne porte donc pas sur un produit, mais sur un statut. Sur ossature bois, l’enduit sur isolant existe chez plusieurs fabricants sous Avis Technique pour les petites hauteurs ; au-delà, chaque opération passe par une appréciation d’expérimentation propre, et c’est ce statut, plus que la marque, qui se négocie avec le contrôleur technique et l’assureur.

