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Une chaudière aidée avant 2021 ne bloque plus la pompe à chaleur

Un arrêté paru le 6 septembre lève un verrou peu connu du dispositif des certificats d’économies d’énergie : jusqu’ici, une chaudière financée par des CEE ne pouvait pas être remplacée avec une nouvelle aide avant la fin de sa durée de vie conventionnelle. En réhabilitation, ce verrou décidait parfois du système de chauffage retenu.

14 septembre 2026 · 4 min de lecture

Image d’illustration : collecteur de chauffage, sans lien avec une opération citée. Photo Pavel Danilyuk, Pexels.

L’essentiel

Ce qu’il faut retenir en trente secondes.

Ce qui change
L’arrêté du 4 septembre 2026 ajoute une exception à l’article 2 quater de l’arrêté du 22 décembre 2014 : les équipements à combustible dont le remplacement avait été engagé avant le 1er janvier 2021 peuvent de nouveau ouvrir droit à des certificats d’économies d’énergie.
Pourquoi c’est important
Le blocage n’était pas technique mais administratif. Il portait sur seize fiches standardisées de chaudières, en logement individuel, collectif et en tertiaire, dont la durée de vie conventionnelle court de seize à vingt et un ans.
Pour quels projets
Réhabilitation avec changement de système : logement collectif des années 2010, copropriétés, bâtiments tertiaires équipés d’une chaudière gaz financée par CEE au cours de la décennie précédente.
Ce qu’il faut surveiller
Le texte n’est pas rétroactif : il vise les opérations engagées à partir de son entrée en vigueur, le lendemain de sa publication. Une opération déjà engagée ne bascule pas dans le nouveau régime.

Ce que dit le texte

L’arrêté du 4 septembre 2026, publié au Journal officiel n° 0208 du 6 septembre, porte « sur la possibilité de remplacer des équipements fonctionnant avec un combustible déjà valorisés dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie ». Il modifie l’article 2 quater de l’arrêté du 22 décembre 2014, qui interdisait de valoriser une seconde fois le remplacement d’un équipement avant la fin de sa durée de vie conventionnelle.

L’exception introduite vise les remplacements engagés avant le 1er janvier 2021, pour une liste fermée de seize fiches : BAR-TH-06, BAR-TH-07, BAR-TH-07-SE, BAR-TH-08, BAR-TH-09, BAR-TH-09-SE, BAR-TH-51, BAR-TH-106, BAR-TH-107, BAR-TH-107-SE pour le résidentiel, BAT-TH-01, BAT-TH-01-GT, BAT-TH-02, BAT-TH-02-GT, BAT-TH-49 et BAT-TH-102 pour le tertiaire. Ce sont des fiches de chaudières, à condensation, basse température ou à haute performance énergétique.

Ce que ça change dans un projet de réhabilitation

Le verrou se rencontrait sur des bâtiments équipés d’une chaudière récente, financée en partie par des certificats. Le maître d’ouvrage voulait passer à une pompe à chaleur ou se raccorder à un réseau ; l’équipement n’avait pas atteint sa durée de vie conventionnelle, et le plan de financement perdait la part CEE. La conséquence n’était pas théorique : entre deux systèmes, c’est souvent ce montant qui tranche.

Pour la maîtrise d’œuvre, l’information utile tient en une question à poser tôt, en phase diagnostic : la chaudière en place a-t-elle été financée par des CEE, et à quelle date l’opération a-t-elle été engagée ? La réponse conditionne désormais une ligne du plan de financement, pas seulement une donnée d’état des lieux.

Ce que le texte ne dit pas

L’arrêté ouvre un droit, il ne fixe aucun montant. Le volume de certificats dépend de la fiche mobilisée, du bâtiment et de la période en cours : rien dans ce texte ne permet d’annoncer une aide à un maître d’ouvrage.

Il ne modifie pas non plus les autres conditions du dispositif, notamment la qualification de l’entreprise qui réalise les travaux et les contrôles prévus par l’arrêté du 28 septembre 2021. Enfin, la mesure est contestée : l’association Coénove, qui défend la filière gaz, parle d’une « décision aberrante » au regard de l’état des finances publiques. Nous la citons pour ce qu’elle est, une prise de position d’une partie prenante.

Notre lecture

Ce texte n’intéresse pas l’architecte pour son contenu énergétique, il n’en a pas. Il l’intéresse parce qu’il déplace une contrainte qu’on découvre trop tard, au moment du plan de financement, alors qu’elle s’instruit au diagnostic. La question à ajouter à l’état des lieux est simple et rarement posée : qui a payé la chaudière en place, et avec quelles aides. En réhabilitation, l’historique administratif d’un équipement pèse autant que son état physique.

Maison & Architecture

Sources & documentation

  1. 01LégifranceArrêté du 4 septembre 2026 relatif à la possibilité de remplacer des équipements fonctionnant avec un combustible déjà valorisés dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie, JORF n° 0208 du 6 septembre 2026
  2. 02LégifranceArrêté du 22 décembre 2014 définissant les opérations standardisées d’économies d’énergie, article 2 quater
  3. 03BatiwebChaudières combustibles fossiles : que change l’arrêté du 4 septembre 2026 ?, 2026
  4. 04Non vérifiéMontants de certificats mobilisables : aucun chiffre ne figure dans le texte

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