Rénovation globale à Saint-Paul-les-Dax : une maison landaise retrouve son âme

Alexandra BETANCOURT

Rénovation globale à Saint-Paul-les-Dax : une maison landaise retrouve son âme

Film Maison & Architecture · 1:22Page du film

TypeMaisonLocalisationSaint-Paul-lès-Dax, Nouvelle-AquitaineLivraison2026

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Ces entreprises documentent leur intervention avec Maison & Architecture.

Le projet

Une maison de plain-pied, figée dans les années 80, ses appentis désordonnés côté rue, ses sols à plusieurs niveaux, ses pièces étriquées. En face, une famille qui revient s'installer dans les Landes et qui a besoin d'un espace accessible, confortable, pensé pour durer. Entre les deux, une architecte qui décide de tout déconstruire pour mieux reconstruire, et un matériau venu du recyclage des plastiques qui allait changer la lecture du projet. Ce chantier de rénovation globale et d'extension, livré entre 2024 et 2026 à Saint-Paul-les-Dax en Nouvelle-Aquitaine, est l'histoire d'une maison rendue à ses habitants par la force d'une intention architecturale claire.

Une maison achetée dans les années 80, habitée à contresens

La maîtresse d'ouvrage avait acquis cette maison de style traditionnel landais comme résidence secondaire, bien des années auparavant. Installée en Isère, elle y séjournait ponctuellement pour retrouver ses enfants dans les Landes. Puis, en 2021, le projet de vie change : le couple décide de quitter l'Isère définitivement pour se rapprocher de sa famille.

Le bâti existant pose alors des problèmes concrets. La disposition des pièces est peu lisible. Les sols du rez-de-chaussée présentent de multiples différences de niveaux, rendant la circulation difficile et surtout incompatible avec l'accueil d'un petit-fils en situation de handicap. La performance énergétique de la maison est insuffisante. Et le tout s'inscrit dans une volumétrie morcelée, avec des appentis et des locaux de rangement construits sans cohérence sur la façade nord.

C'est dans ce contexte que la propriétaire sollicite l'architecte Alexandra Bétancourt pour piloter un projet de rénovation globale, de rénovation énergétique et d'extension sur une surface totale de 115,90 m² rénovés et 66 m² d'extension.

Le principe de la coque vide : tout démonter pour mieux lire

L'intention architecturale d'Alexandra Bétancourt repose sur un principe qu'elle nomme la « coque vide ». Seuls les murs porteurs et les refends devaient être conservés. Tout le reste, les doublages, les cloisons, les appentis, les excroissances, devait disparaître pour retrouver la lisibilité des volumes disponibles et permettre une réorganisation complète des espaces.

Ce travail de simplification répond directement à la logique de la maison landaise traditionnelle : un plan rectangulaire, une couverture à deux pentes en tuile, une façade en pignon. Les annexes discontinues côté nord ont été supprimées pour créer un porche d'entrée, clin d’œil assumé à l'estantade des anciennes fermes landaises, complété par l'avancement de la façade dans l'alignement de ce porche. La volumétrie retrouve sa cohérence. La maison devient lisible depuis la rue.

Mais le chantier réserve des surprises, comme souvent en rénovation globale. Derrière les doublages déposés, des problèmes structurels graves sont découverts : épaisseur insuffisante des murs porteurs, discontinuité des armatures du chaînage intermédiaire. Ces éléments non conformes font l'objet d'une démolition et d'une reconstruction dans les règles de l'art. Autre contrainte surmontée : l'augmentation nécessaire de la hauteur sous rampant pour aménager l'étage, limitée réglementairement en limite séparative. La solution passe par le repositionnement du faîtage, qui permet d'obtenir la hauteur souhaitée dans la partie non mitoyenne du bâtiment.

L'étanchéité à l'air comme enjeu de performance thermique

Sur le plan énergétique, le projet ne se limite pas à ajouter de l'isolant. Un audit thermique préalable permet d'identifier précisément les points critiques. Le choix se porte sur un doublage isolant en laine de bois pour ses qualités d'inertie et son bilan carbone avantageux en tant que matériau biosourcé.

Mais c'est le traitement de l'étanchéité à l'air qui constitue le point technique le plus soigné de ce chantier. Une membrane d'étanchéité à l'air hygrovariable certifiée Passivhaus est mise en œuvre avec un soin particulier : pour éviter que la multitude de gaines et de conduits ne traversent la membrane et ne créent autant de ponts thermiques, un vide technique de 5 centimètres est ménagé entre le parement BA 15 et le pare-vapeur. Seules les alimentations principales et les sorties VMC en toiture traversent la membrane, traitées avec des manchons spécialement conçus pour ces points singuliers.

Le traitement des ponts thermiques linéaires au niveau des jonctions entre refends et murs extérieurs est lui aussi pensé dans le détail : une bande de liège de 60 centimètres est posée à chaque jonction sous la finition en demi-styl, supprimant le risque de condensation et de moisissures futures. Cette coordination entre l'architecte et l'entreprise de plâtrerie-isolation a été, selon Alexandra Bétancourt, essentielle pour garantir les objectifs de performance thermique.

Un matériau venu du recyclage des plastiques, au cœur du projet

La question des matériaux extérieurs a conduit Alexandra Bétancourt vers une découverte qui marque durablement le projet. La maîtresse d'ouvrage souhaitait les tons chauds et la texture du bois pour les éléments de parement, les terrasses, les pergolas et les clôtures, mais refusait les contraintes d'entretien que le bois naturel impose dans le temps, en raison des capacités physiques du couple à assurer cet entretien au fil des années.

La réponse est venue de SOLTECO, l'une des trois seules entreprises en Europe à produire des profilés fabriqués à partir de plastiques recyclés par thermoformage, en utilisant des énergies éoliennes et solaires. Le résultat visuel est celui du bois, l'aspect est chaleureux, les teintes s'intègrent parfaitement à l'enduit blanc cassé des façades et aux tuiles en terre cuite. Mais le matériau ne nécessite aucun traitement, aucune peinture, aucune protection. Il résiste aux chocs, à l'humidité, au temps. C'est ce matériau qui compose le bardage de l'extension du garage, les balcons, les terrasses, les pergolas et la clôture extérieure.

Alexandra Bétancourt le dit elle-même : « Pour un architecte, les meilleurs projets ne sont pas ceux où on reproduit machinalement des plans, mais ceux où la recherche des solutions nous mène à découvrir de nouvelles techniques et de nouveaux produits. »

Focus : Oyarsabal

Le lot charpente, couverture et étanchéité a été confié à la société Oyarsabal qui a pris en charge l'ensemble de ces interventions avec une maîtrise des matériaux durables affirmée tout au long du chantier.

La société a réalisé une charpente traditionnelle en lamellé-collé avec écran sous toiture, complétée d'une couverture en tuile terre cuite méridionale Edilians, garantissant durabilité et cohérence avec l'identité architecturale de la maison landaise. Pour l'extension du garage en toit plat, la société Oyarsabal a mis en œuvre un solivage en poutre la de marque Steico, une isolation en laine de bois souple, un plancher en OSB 3 hydro 22 mm et une isolation phonique en liège de 120 mm. L'étanchéité de cette toiture est assurée par une membrane EPDM Firestone.

C'est également Oyarsabal qui a installé l'intégralité des éléments extérieurs en profilés PVC recyclé SOLTECO : bardage claire-voie sur le garage, balcons, terrasses, pergolas et clôture extérieure.

Christophe Oyarsabal résume l'approche de son entreprise sur ce chantier : « Ce chantier illustre notre polyvalence, notre maîtrise des matériaux durables et notre capacité à réaliser des projets alliant technique, confort et esthétisme en rénovation comme en extension. »

Focus : CVL Carreleur

Le carrelage et faïences a été réalisé par Victor Leite de l'entreprise CVL Carreleur dont l'intervention sur ce projet s'est inscrite dans la logique globale de rationalisation des espaces intérieurs. Le traitement des sols, élément central de ce projet en raison des multiples différences de niveaux à corriger au rez-de-chaussée, a nécessité un travail précis et coordonné avec les autres corps d'état pour garantir la continuité et l'accessibilité des circulations.

Les autres intervenants du projet

La maîtrise d’œuvre d'exécution a mobilisé plusieurs entreprises spécialisées. Le gros œuvre a été réalisé par l'entreprise Saint Lezer Construction. Les menuiseries extérieures ont été prises en charge par la société IDL. La plâtrerie et l'isolation ont été exécutées par Pro-G Habitat, dont le travail sur la membrane d'étanchéité à l'air a été déterminant pour atteindre les objectifs thermiques du projet. La plomberie et le CVC ont été assurés par l'entreprise Biremont. L'électricité a été réalisée par Duchesne Électricité. Enfin, les peintures ont été confiées à l'entreprise Sadys Peintures.

Une maison rendue à ses habitants

Le résultat visible depuis la rue est saisissant. Là où s'élevait une maison aux façades brouillées, sans hiérarchie claire, on trouve aujourd'hui un volume cohérent, blanc cassé, structuré par des éléments de bois recyclé chocolat chaud qui reprennent la charpente apparente en façade nord et se déploient en pergola côté sud. La maison a retrouvé la typicité landaise qu'elle avait perdue, et l'a enrichie d'une sobriété contemporaine.

À l'intérieur, les sols du rez-de-chaussée sont désormais de plain-pied, les pièces sont plus grandes, les circulations accessibles. L'accueil du petit-fils en situation de handicap se fait dans des conditions adaptées. La maison est performante thermiquement. Et ses matériaux extérieurs ne demanderont, dans les années qui viennent, ni traitement ni entretien particulier.

Cette rénovation globale démontre que la performance énergétique, l'accessibilité et l'architecture durable peuvent se conjuguer dans un même projet, à condition de ne pas séparer la technique de l'intention. C'est précisément ce que font les projets qui méritent d'être racontés.

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