Une bâtisse revenue de loin

DELPHINE BARBARESCO ARCHITECTE

Une bâtisse revenue de loin

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TypeMaisonLocalisationGrignols, Nouvelle-AquitaineLivraison2025

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Le projet

À Grignols, dans cette petite commune de Gironde, le temps s'écoule autrement. Pas de métropole à l'horizon. Juste la campagne girondine, ses coteaux, ses pierres blondes. C'est ici qu'une vieille bâtisse familiale attendait. Debout, mais à peine. Léguée de génération en génération, elle portait en elle plusieurs siècles d'histoire et autant d'années de silence. Fallait-il la laisser disparaître. Son propriétaire avait déjà répondu à la question voisine : la maison d'à côté, rénovée, louée, vivait à nouveau. Cette bâtisse méritait le même destin. Delphine Barbaresco, architecte, a pris en main la mission. Restructurer. Consolider. Révéler. Un chantier de savoir-faire artisanal, de matériaux naturels, et de conviction tranquille.

L'héritage comme point de départ

Le client n'est pas venu avec un programme standard. Il est venu avec une histoire. Une bâtisse familiale en très mauvais état, des murs qui menaçaient, une charpente fatiguée. Mais aussi deux fenêtres à meneaux à préserver. Un appareillage en moellons sur la façade Est à conserver. Des génoises à sauvegarder. Autant de fragments d'une mémoire bâtie que l'architecte s'est engagée à respecter.

Delphine Barbaresco résume ainsi son approche : "Préserver ce qui peut l'être, et le mettre en valeur." Pas de table rase. Pas de rupture spectaculaire. Une restructuration raisonnée, où chaque décision de conception s'appuie sur l'existant.

La surface habitable totale atteint 118 m², 82,90 m² au rez-de-chaussée et 35,10 m² à l'étage, complétés d'un garage de 25 m². Le budget TCE s'établit à 323 000 € HT. Des chiffres qui disent la réalité d'un chantier exigeant, bien loin de la rénovation cosmétique.

Consolider, reconstruire, révéler

La bâtisse était en péril. Certains murs ont dû être intégralement rebâtis. La phase de sécurisation et de confortement constitue le premier acte du chantier, invisible une fois terminée, mais fondatrice de tout le reste. Le maçon, artisan local, a relevé le défi constructif avec précision. Des fausses pierres, intégrées avec soin, restituent l'uniformité de l'appareillage là où la matière originale avait cédé. La continuité visuelle est préservée.

Le parti architectural joue sur des contrastes maîtrisés. La façade Est conserve ses moellons bruts, ses fenêtres à meneaux, témoins immobiles des siècles passés. À l'opposé, les façades Ouest et Nord accueillent un bardage bois vertical aux lames serrées, matériau naturel qui dialogue avec la pierre sans la concurrencer. Enduits clairs, génoises restituées, tuiles canal : la grammaire régionale est respectée, réinterprétée sans effet de pastiche.

Le séjour s'ouvre pleinement au Sud. De larges ouvertures captent la lumière, le paysage, l'horizon dégagé des coteaux. Le volume central R+1 est maintenu dans toute sa hauteur. Les locaux techniques, cellier et garage, s'inscrivent au Nord sur l'emprise de l'ancien auvent, prolongeant la logique fonctionnelle du bâti agricole d'origine. L'ensemble dégage une cohérence tranquille. Rien n'a été forcé.

SARL TCB : la précision qui fait la différence

La SARL TCB est intervenue sur trois lots stratégiques du chantier : charpente, toiture et menuiseries extérieures. Des lots qui définissent l'enveloppe du bâtiment, sa tenue dans le temps, son étanchéité, son visage.

Sur les menuiseries extérieures, l'entreprise a su traduire concrètement le parti pris architectural. Les volets gris clair, les châssis sobrement encadrés de pierre de taille reconstituée, les baies vitrées côté Sud : chaque élément contribue à la cohérence de l'ensemble. Le soin apporté aux détails de pose, aux liaisons entre matériaux, témoigne d'un savoir-faire artisanal rigoureux, au service d'une architecture durable.

TCB a travaillé en étroite relation avec l'architecte et le maître d'ouvrage. Grâce à des échanges très constructifs, l'entreprise a exécuté avec perfection les travaux envisagés selon les desiderata du maître d'ouvrage. Une qualité d'exécution qui se lit directement sur les façades, propres, équilibrées, durables.

Une bâtisse pour les générations suivantes

Les travaux de hors d'eau hors d'air sont achevés en 2025. Le gros œuvre tient. L'enveloppe protège. Les travaux de second œuvre démarreront en 2026. La bâtisse n'est pas encore habitée. Elle est sauvée.

C'est peut-être là la satisfaction la plus profonde de ce projet : avoir redonné à un héritage familial sa capacité à traverser le temps. Le propriétaire transmettra à ses enfants et petits-enfants un patrimoine en bon état, non plus une ruine suspendue entre deux décisions. Et au-delà du cercle familial, la bâtisse de Grignols participe, à sa modeste échelle, à la revitalisation d'une campagne girondine qui en a besoin.

Le chantier aura aussi confirmé une conviction portée par Delphine Barbaresco tout au long du projet : "Faire confiance aux artisans locaux pour effectuer un travail de qualité." Leur connaissance des matériaux naturels du territoire, leur rapport direct au chantier, leur capacité à résoudre les imprévus, tout cela produit des résultats qu'aucun cahier des charges ne peut entièrement prescrire. Des solutions innovantes ancrées dans le territoire, loin des logiques industrielles.

Pierre, bois, enduit clair, tuile canal. Des matériaux qui vieillissent bien, qui respirent, qui s'inscrivent dans le paysage comme s'ils n'avaient jamais quitté. Un design durable, sans manifeste. Juste une bâtisse revenue de loin, debout pour longtemps.

Galerie7 photos

© DELPHINE BARBARESCO ARCHITECTE

Équipe de réalisation1

Relevées sur le dossier de chantier.

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