Castelnau-le-Lez invente l'îlot au seuil du parc de la Lironde
Une bande blanche sur la limite du naturel et de l'urbain. Castelnau-le-Lez déroule un projet de 131 logements dans la ZAC Eurêka, secteur du Verchant. Pas un îlot classique. Une barre éclatée qui dialogue avec le parc de la Lironde au sud, s'ouvre au cœur végétal au centre, distribue les appartements selon une géométrie maîtrisée. TAA Montpellier signe l'architecture. Aurélie Guinel cheffe de projets associée, Chloé Méau cheffe de projet adjointe. Maîtrise d'ouvrage Urbis Réalisations. Budget 10,8 millions d'euros pour 8 495 m² de surface. Livraison été 2022. Le projet réinvente la limite entre préservation naturelle et intensité résidentielle.
L'îlot qui bascule vers le parc
La ZAC Eurêka occupe le sud-ouest de Castelnau-le-Lez, dans Montpellier Méditerranée Métropole. L'urbanisation redéfinit la limite de l'agglomération sur le paysage agricole. Le Domaine du Verchant marque le nord à 300 mètres. Le ruisseau de la Lironde traverse le site. Non pérenne. Bassin versant du Lez. Un projet de renaturation vise la restauration des continuités écologiques.
L'îlot 20 marque la première ligne sur le parc de la Lironde. Face au bassin d'écrêtement. Face aux espaces à forte naturalité. Le projet assure la transition entre un espace naturel préservé et un cœur plus urbain. Pas de mur aveugle côté parc. Des percements généreux. Des terrasses qui embrassent le paysage. Le bâtiment devient seuil.
TAA organise le volume en R+5. Il distribue 131 logements collectifs neufs autour d'un jardin commun. Il installe une salle polyvalente en rez-de-jardin. Pas d'étanchéité entre dedans et dehors. Les baies vitrées captent la lumière. Les garde-corps en verre opale prolongent la transparence. Le parc vient se confondre avec le cœur d'îlot.
La palette blanche et la rigueur
Les matériaux fixent l'identité du projet. Briques de béton blanc. Béton banché blanc. Serrurerie perforée thermolaquée blanche. Aluminium naturel. L'architecte refuse le pittoresque. Il choisit la sobriété. Il construit la légèreté de l'expression architecturale par la monochromie.
Une trame rigoureuse structure les façades. Elle confère une abstraction contemporaine. La trame s'exprime de manières différentes. Évidée pour former des loggias généreuses protégées du soleil. Percée par les fenêtres et portes-fenêtres. Bâtie par des panneaux pleins texturés. Le résultat confère à la façade une profondeur et une porosité. Elle s'ouvre largement sur les espaces extérieurs. Elle cadre des vues sur le parc. Elle protège l'intimité des espaces privatifs.
Le socle se traite en briques de béton blanc. Appareillage plein ou moucharabieh de grande taille sur les garde-corps. Les parties pleines de remplissage se différencient par le béton matricé. Les volumes supérieurs se détachent du socle au R+1. Taille de guêpe. Le béton banché blanc s'associe aux éléments de serrurerie perforée. Légers et translucides.
Le bardage nervuré type Carraïne finition aluminium naturel habille les attiques en retrait et les brise-soleils. Il accroche la lumière naturelle. Il la réfléchit. La tôle perforée module les façades. Le moucharabieh filtre la lumière. Chaque élément participe à l'unité plastique. Pas de redondance. Pas de surcharge. Chaque ligne compte.
Le travail collectif sur l'îlot
Le lot terrassement a été confié à Giraud BTP de Castelnau-le-Lez. Les travaux de gros œuvre ont été réalisés par cette même entreprise. L'étanchéité des dalles a été assurée par Dalles du Midi à Fons. Le bardage de façade a été posé par Landragin de Nîmes.
L'entreprise GB Agencement, partenaire du projet, s'est chargée de l'agencement des cuisines et salles de bains. Basée à Paris avec une présence à Toulouse, GB Agencement a conçu des espaces fonctionnels et optimisés pour chaque logement. Les meubles sur mesure répondent aux contraintes du collectif contemporain. L'approche industrielle garantit la qualité de finition et la rationalité des implantations.
Les menuiseries extérieures ont été installées par Oxxo de Lattes. Les menuiseries intérieures ont été réalisées par 3C Menuiserie de Pérols. Les cloisons doublages ont été exécutés par SHI de Mauguio. Le carrelage a été posé par Roxan Fournier de Villeneuve-lès-Béziers. La serrurerie a été confiée à Delmas de Mèze. Les portails ont été fournis par Sim Fermetures de Nîmes.
L'électricité a été installée par Montet de Saint-André-de-Sangonis. La plomberie CVC a été réalisée par GPR de Rognonas. Les ascenseurs ont été fournis par Orona de Mauguio. La peinture a été exécutée par SKB 34 de Montpellier. Le nettoyage et les espaces verts ont été confiés à Vert Parc de Clapiers. Le flocage des gaines a été réalisé par DI Projection de Vendargues.
L'espace partagé qui fédère
Le jardin collectif organise la vie sociale du projet. Le cœur d'îlot assure une continuité paysagère entre le parc et le quartier. Les espaces végétalisés sont travaillés en lanières. Gradation des strates et types de végétation. Les espaces entre les plots présentent une prairie sèche arbustive et arborée dans la continuité du parc. Le cœur d'îlot développe une agriculture urbaine. Lignes de végétation en potager, en vigne, en verger. Les espaces verts en pied de bâti se traitent en prairie fleurie. Quelques arbres rythment.
Les logements des plots face au parc sont desservis par le cœur d'îlot. Les logements traversants des ailes nord et sud aussi. Cette cour devient active. Pas uniquement contemplative. Le jardin collectif fédérateur permet les rencontres entre voisins. Il favorise le vivre ensemble. Il devient le support de pratiques collaboratives et conviviales. Potagers partagés. Vignes. Prairies fleuries ou arbustives. Castine. La composition du jardin mêle production et contemplation.
La salle polyvalente en rez-de-jardin prolonge cette ambition. Implantée stratégiquement sur le cœur d'îlot. Pas un équipement accessoire. Un outil de cohabitation. Elle renforce le partage et le lien social entre résidents. Elle s'ouvre généreusement par de grandes baies vitrées sur le cœur d'îlot. Les résidents cultivent, se rencontrent, inventent un usage du commun.
La grande échelle et le détail
L'emplacement en première ligne sur le parc de la Lironde structure le parti architectural. Les vues longues vers le paysage naturel déterminent les percements. Les terrasses exploitent la situation exceptionnelle. Le bâtiment ne tourne pas le dos au parc. Il s'y ancre. Le projet simplifie la volumétrie. Suppression du retour sur la rue du Mas de Verchant. Lecture épurée des bâtiments. Meilleur ensoleillement en cœur d'îlot.
Sur la rue, la continuité bâtie est assurée par le socle. Logements surélevés par rapport au niveau de la chaussée. Un accès piéton généreux traverse le bâtiment. Large porche entre la voirie nouvelle et le cœur d'îlot. La continuité visuelle se poursuit jusqu'au parc grâce aux intervalles importants entre plots.
À l'intérieur du projet, le détail affirme la qualité. Les garde-corps en verre opale maintiennent la transparence. Ils limitent les vis-à-vis. Le traitement des façades alterne pleins et vides selon un rythme étudié. Les volumes se décrochent. Les balcons saillent. Les retraits aménagent des terrasses protégées. Chaque étage compose avec le précédent sans répétition mécanique.
L'intimité des loggias se protège par le traitement des garde-corps et brise-vues en tôle perforée. Des celliers privatifs d'environ 3 m² s'aménagent sur le fond de loggias. Habillés toute hauteur en tôle perforée. Espace de rangement confortable à l'abri des vues. Le traitement des plots et de la façade sur parc offre des logements uniques. Lecture différente depuis l'espace public. Rappel des historiques folies montpelliéraines. Système de boîtes offrant une pièce supplémentaire aux logements. Extension du logement chauffé, loggia couverte, balcon filant. Des doubles hauteurs rythment la façade entre ces éléments.
La mise en présence nocturne
Faire exister l'ensemble bâti dans le paysage nocturne n'implique pas une surenchère de mise en lumière signal. Plutôt une mise en valeur ponctuelle des failles sculptant l'îlot et soulignant ses accès. Mise en présence de l'ensemble. Des luminances sur les différents points d'entrée. Les traverses végétalisées ouvertes sur le parc. Les balcons et terrasses en R+1. La lumière ambiante de circulation souligne la porosité de l'îlot et la silhouette architecturale de l'ensemble.
Au plus près des circulations, l'environnement lumière du cœur d'îlot sécurise et guide les parcours. Lumière contrôlée privilégiant les luminances de sol. L'éclairage ambiant de circulation est intégré en mobilier. Ligne de lumière en sous-face d'assise de muret. Main courante d'escalier et de rampe d'accès. Au centre du cœur d'îlot, le kiosque diffuse une lumière telle une lanterne signal. Animation et repère. Plus proches du végétal, des bornes et lignes diffuses soulignent l'épaisseur végétale en ponctuant les cheminements vers le parc.
Cosmopoly à Castelnau-le-Lez invente un îlot qui assume la lisière. Il ne sépare pas nature et habitat. Il les met en tension. Il organise la cohabitation entre densité résidentielle et préservation paysagère. Le blanc monochrome unifie. Les espaces partagés fédèrent. Le travail collectif des entreprises matérialise l'ambition architecturale. L'îlot devient quartier. Le seuil devient projet.


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