Située sur l’Avenue de Grammont en plein coeur de Tours, l’auberge de jeunesse crée une nouvelle Landmark urbaine dans cette partie de la ville. Elle est intégrée à un programme immobilier de 8500 m² construit sur l’emplacement de l’ancienne institution privée Sainte-Marguerite, aujourd’hui démolie. L’auberge de jeunesse occupe une surface de 1800m² développée sur 8 niveaux depuis le rez-de-jardin. Sa capacité est de 45 chambres avec en tout 116 lits et une suite familiale. Elle comprend également un restaurant, un bar et des salons d’accueil. Pour cette opération l’architecte a bénéficié d’une mission globale ; architecture, design du mobilier intérieur et mise en valeur de la façade. L’architecture de la nouvelle auberge de jeunesse tire sa singularité d’une réinterprétation de la situation patrimoniale locale. Le nouvel édifice peut se lire à plusieurs niveaux. Le premier permet de comprendre l’intégration du bâtiment dans cette partie de l’avenue de Grammont comme un hôtel particulier du 18e siècle. Cependant, dans un niveau de lecture plus détaillé, la façade dans son organisation n’a rien de classique. Aucun socle ne détache le bâtiment du sol et aucune rectitude par l’agencement des fenêtres (étroites et verticales) ou autres détails architecturaux ne structurent la façade. Le jeu aléatoire des ouvertures résulte notamment de la répartition des espaces à l’intérieur : contrairement à un hôtel, les chambres sont toutes un peu différentes en taille et en forme (suite familiale, salle de réunion, chambre pour deux et quatre personnes). C’est ce qui se dessine finalement sur la façade. Cette diversité formelle en mouvement exprime dans un sens plus métaphorique le brassage et le passage des populations et des nationalités séjournant dans cette auberge. Un troisième niveau de lecture renvoie à la structuration plus détaillée de l’édifice. Ce qui pourrait paraître au premier abord décoratif, comme les grilles ou gardes de corps perforés (découpés par laser) de balcons ou de fenêtres, reprend et décline en réalité le graphisme et le dessin abstrait de la façade. Répartis de manière aléatoire, ils provoquent un mouvement dynamique et frénétique. Ce même principe se répète sur la façade côté cour. Telle qu’une partition musicale, une vibration rythmique anime ces deux façades, dématérialisant fortement cet édifice malgré sa mono-matérialité (pierre de taille de Richemont) et son aspect monolithique qui résulte du calepinage précis de trois tailles pierres différentes formant une surface plane. Si cette vibration rythmique diminue la masse volumétrique de la façade pendant la journée, un éclairage spécifique (led intégré dans les garde-corps) la transforme pendant la nuit en une boîte scintillante. A l’intérieur du bâtiment chaque espace (accueil, restaurant, couloir, chambres etc.) a reçu un design singulier se traduisant par un mobilier, un éclairage, une texture des matériaux et une gamme chromatique spécifiques, produits sur mesure pour chacun des espaces. Dans des chambres les lits superposés sont dessinés comme des petites cabines privatives permettant de s’isoler complétement. Les espaces conviviaux (accueil, restaurant, couloir) se singularisent par une recherche sur la texture, la matérialité et la luminosité. Pour les abat-jours et des vêtures ponctuelles de murs et mobiliers Jean-Yves Barrier met en avant la production locale et notamment les techniques de l’osier. Les espaces à l’intérieur de l’auberge se succèdent dans une fluidité continue faisant totalement oublier les dimensions étroites du bâtiment.
📍 Tours2019
Informations chantier
- Maîtrise d'œuvre
- JEAN-YVES BARRIER
- Type
- À préciser
- Localisation
- Tours, Centre-Val de Loire
- Livraison
- 2019
