
Une maison de ville réinventée, mur après mur
Par : ARCHITECTURE ML
Angers. Une maison mitoyenne des deux côtés. Coincée, sombre, sans dialogue avec son jardin. Le genre de bien que beaucoup abandonneraient à son sort. Pas Marion Lauvin. Architecte DPLG diplômée de l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Versailles en 2003, elle a l'habitude de lire le potentiel là où d'autres ne voient qu'un problème. Ici, le problème était réel : une véranda vétuste obstruait la vue sur le jardin, les pièces s'enchaînaient sans logique, et la lumière ne rentrait pas. La solution allait changer radicalement l'équilibre de la maison — et la vie de ses occupants.
Démolir pour mieux ouvrir
Tout commence par une démolition. La véranda existante disparaît. À sa place, une extension pensée avec précision : non pas un volume de plus, mais un dispositif spatial qui redéfinit la relation entre la maison et son jardin tout en longueur. L'enjeu technique est de taille. Il fallait ouvrir la façade de la maison existante, percer le mur porteur, organiser la continuité entre ancien et nouveau. Marion Lauvin choisit un jeu d'IPN superposés — deux poutres métalliques reposant l'une sur l'autre — pour libérer complètement le volume. Résultat : une pièce de vie de 50 m² s'étire du séjour à l'extension, baignée de lumière naturelle, ouverte sur la végétation.
L'extension remplit également deux fonctions discrètes mais décisives : une buanderie intégrée, et un passage piéton vers le jardin. Les habitants n'ont plus à traverser la pièce de vie pour sortir. La fluidité des usages est aussi une forme d'architecture.
Le sol comme fond de scène
Le parti pris pour les revêtements est net. Toute la surface habitable, rez-de-chaussée et extension confondus, est traitée en résine. Un sol continu, neutre, légèrement satiné. Ni froid ni clinique — doux au toucher, homogène à l'œil. Ce choix efface les joints, les ruptures, les démarcations entre ancien et nouveau. Il crée un fond de scène unifié sur lequel le mobilier et la décoration des clients s'expriment librement. Jaune moutarde, bleu canard, bois clair, œuvres d'art encadrées — la maison respire, sans que l'architecture ne crie.
L'étage redistribué de fond en comble
À l'étage, la restructuration est tout aussi radicale. Les espaces sont entièrement redistribués pour répondre aux besoins d'une famille. Deux chambres d'enfant bénéficient chacune de leur propre salle de bain. La suite parentale dispose d'un dressing et d'une salle d'eau privative. Un grand palier central — bureau, espace de jeux, zone de transit — fédère l'ensemble sans le contraindre.
La réfection est totale : plomberie, électricité, menuiseries extérieures remplacées intégralement, isolation par l'extérieur. La maison est reprise dans sa structure technique aussi bien que dans son organisation spatiale.
RÉNOMAINE : une plomberie à la hauteur du projet
Parmi les artisans mobilisés sur ce chantier d'ampleur, RÉNOMAINE s'est vu confier l'ensemble du lot plomberie. Un périmètre exigeant : refonte complète des réseaux dans une maison ancienne, raccordements multiples liés aux nouvelles salles d'eau créées à l'étage, alimentation de la buanderie dans l'extension, mise aux normes de l'ensemble des installations. Confort, pression, distribution — la solidité technique du résultat final tient en grande partie à la rigueur de leur exécution. Sur un chantier où chaque lot conditionne les suivants, RÉNOMAINE a permis de tenir les délais et de garantir la cohérence de la rénovation dans sa globalité.
La dépendance réinventée
À l'extérieur, la parcelle recèle une autre transformation. La dépendance existante au fond du jardin — un bâtiment autonome jusqu'alors sous-exploité — a été entièrement rénovée pour accueillir un logement de 22 m². Chambre, salle d'eau, petite pièce de vie avec kitchenette : un espace compact, indépendant, habitable. Studio pour les proches, possibilité locative, espace de travail séparé — les usages restent ouverts. Le bâtiment, refait de la toiture aux revêtements, s'inscrit dans la continuité du projet principal sans l'imiter.
Une maison qui a changé d'échelle
Ce projet angevin dit quelque chose d'essentiel sur la commande privée contemporaine : les familles ne cherchent plus seulement à agrandir. Elles cherchent à vivre autrement dans un existant qu'elles ne veulent pas quitter. Marion Lauvin a construit son positionnement sur cette conviction. Accompagner de A à Z. Lire un plan comme on lit une vie. Faire de la contrainte — mitoyenneté, étroitesse, vétusté — la matière même du projet.
La Béjonnière, à Angers, en est la démonstration. Sobre en façade. Radicale en dedans.
Maison & Architecture – raconter les lieux où le savoir-faire collectif devient patrimoine.
Regard en images sur le projet
Les acteurs du projet
Ce projet est le fruit d'une collaboration entre architectes, entreprises et artisans du territoire. Découvrez les acteurs qui y ont contribué.




































