Au nord-ouest de Toulouse, aux confins du Gers et du Tarn-et-Garonne, un imposant édifice zébré de rose et de blanc domine les coteaux environnants. Visite guidée.

Le château de Laréole. © Conseil départemental de la Haute-Garonne
Le château de Laréole. © Conseil départemental de la Haute-Garonne

Avec ses tours défensives et sa cour fermée, le château de Laréole prévaut d’un plan régulier, typique du dernier quart du XVIe siècle. Dans le contexte extrêmement troublé des guerres de religion, l’extérieur de cette « demeure aux champs » impose une défense austère avec ses fossés, ses ouvertures de tirs et ses lignes bastionnées.

En 1579, son commanditaire Pierre de Cheverry, riche pastelier toulousain et conseiller du roi, fait appel à Dominique Bachelier, le sculpteur et architecte le plus en vue de Toulouse, connu pour avoir dirigé les travaux de l’hôtel d’Assézat deux décennies auparavant.

Sur le modèle de l’hôtel d’Assézat

Ordonnés autour de la cour intérieure, les bâtiments reposent sur l’élégante alternance polychromique de la brique et de la pierre.

Au fond, le corps de logis à deux étages nobles est directement accessible par le perron. Les pièces d’apparat et d’appartements sont installées à côté de la grande salle et de sa monumentale cheminée. La cage d’escalier est reportée sur la droite avec un décor qui reprend les ordres classiques de l’architecture antique et la voûte du palier est ornée d’une clef pendante. Une descente directe conduit à l’étage des cuisines et aux dépendances.

Charme hérité de l’influence italienne

Quant aux ailes, plus basses et plus étroites, elles abritent à l’étage des galeries placées sur des portiques dont quelques travées sont restées ouvertes. Au revers de la porte d’entrée, le charme hérité de l’influence italienne opère avec sa longue coursière en forme de tribune de théâtre.

Portée par cinq arcs en anses de paniers retombant sur des consoles sculptées, elle dessert le corps de garde et permet de surveiller les accès du château. Sa galerie, formée de dix arcades de briques et pierres, fait communiquer les deux ailes. Quant aux façades, elles sont rythmées par des pilastres ioniques et des fenêtres à meneaux, conférant à l’ensemble un bel ordonnancement.

Les jardins du XVIIIe siècle

Au début du XVIIIe siècle, la propriété passe entre les mains de la famille Colomès qui entreprend les grands décors du parc. Suivant le principe des « jardins à la française » cher à Le Nôtre et à l’ordonnance des grandes perspectives, des parterres plantés, des aménagements en terrasse et des masses boisées, les jardins s’enrichissent d’un décor statuaire commandé au sculpteur Marc Arcis.

Dans l’axe du château, se trouve alors une représentation de Zéphire avec Diane sur le parterre oriental et Flore dominant le grand potager.

Une longue et coûteuse réhabilitation

Abandonné pendant plus de 60 ans, le château est sauvé par le département de la Haute-Garonne, qui s’en porte acquéreur en 1984 et qui durant 25 ans, s’emploie à le réhabiliter. Près de 10 millions d’euros sont investis : 6 millions d’euros pour la restauration, les aménagements et la mise en sécurité du château, 1,35 million pour les aménagements des communs et 1,80 million pour tout ce qui concerne les extérieurs, le parc, les accès et la création de parking.

Mathieu Arnal

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