Chasse aux chaises design à la Cité de l’architecture

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Près de 250 pièces de mobilier dessinées par des architectes de renom sont exposées jusqu’au 30 septembre dans un parcours touffu mais surprenant qui se déploie dans le dédale de galeries de la Cité de l’architecture

Chasse aux chaises design à la Cité de l’architecture
Fauteuil Tulip d’Eero Saarinen (1956-1957), à gauche, et fauteuil Platner, de Warren Platner (1966). Knoll International. Denys Vinson

Le mobilier d’architectes 1960-2020

Cité de l’architecture et du patrimoine

À l’heure où les musées et monuments redoublent d’efforts pour faire découvrir leurs collections à coups de jeux d’évasion et d’expériences virtuelles immersives, la Cité de l’architecture offre à ses visiteurs une bonne vieille chasse au trésor. Pas de gros lot, hélas, même si l’on serait bien reparti avec le fauteuil Power Play en érable, de Franck Gehry, l’une des 250 pièces de mobilier disséminées dans le labyrinthe de galeries de l’ancien Musée des monuments français.

Des meubles, luminaires et accessoires domestiques dessinés par des architectes de renom des soixante dernières années que les commissaires se sont amusés à confronter aux moulages de chefs-d’œuvre de l’architecture médiévale : au gothique flamboyant de l’église Saint-Maclou de Rouen répondent les fantaisies pop d’Ettore Sottsass.

La Cité des électriciens a meilleure mine

Une aide à la visite met avant 27 pièces incontournables, mais il faut attendre la fin du parcours pour appréhender l’ensemble de ce corpus du point de vue historique et artistique. Une typologie des « mobiles » qui poussent chaque architecte à concevoir du mobilier, qu’ils héritent d’une tradition multiséculaire ou qu’ils soient designers occasionnels, récompense ainsi les visiteurs les plus persévérants.

Fauteuil Ecoire de MAL – Daniel Widrig et Guan Lee

Chasse aux chaises design à la Cité de l’architecture

Fauteuil Ecoire, de MAL. / MAL-Daniel Widrig et Guan Lee

Comme sorti d’un film de science-fiction, le fauteuil inquiétant est l’œuvre de l’architecte allemand Daniel Widrig, élève de Zaha Hadid. Au sein de son agence londonienne et du Material Architecture Lab (MAL), atelier universitaire qu’il dirige dans la capitale britannique, il emploie les outils numériques pour mieux déformer ses créations, leur donner un aspect organique tourmenté. C’est le cas du fauteuil Ecoire, conçu en 2017 en fibres de coco agglomérées avec un liant biodégradable dont la lenteur du durcissement autorise le façonnement de la matière.

Chaise Schizzo, de Ron Arad

Chasse aux chaises design à la Cité de l’architecture

Connu comme fabricant de meubles de bureau, Vitra s’engage, trente ans après sa création en 1950, dans le champ de la création expérimentale. À la fin des années 1980, une dizaine de prototypes sont présentés, dont, à gauche, la chaise Schizzo de Ron Arad (1989). L’architecte israélo-britannique imagine une chaise « schizophrène » capable de se dédoubler en deux assises en bois qui s’emboîtent l’une dans l’autre. Elle dispose d’un étui semblable à celui d’un instrument à cordes. Elle s’insère harmonieusement à la galerie des moulages, où elle est placée en face de la reproduction de la fenêtre axiale de l’abside centrale de l’église Saint-Pierre à Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime).

Fauteuil Culbuto et son repose-pieds, de Marc Held

Chasse aux chaises design à la Cité de l’architecture

Le Français Marc Held est un touche-à-tout : photographe et architecte, il se passionne pour le design, rêvant « d’un siège qui pivoterait et basculerait sans utiliser d’articulations mécaniques ». Son fauteuil Culbuto, présenté ci-dessous, qu’il sculpte puis fait réaliser par un fabricant de voiliers, est dessiné en 1967 puis édité à partir de 1970 par Knoll International. Une société dirigée par Florence Knoll, architecte d’intérieur américaine, qui milite pour un mobilier moderne complétant l’espace sans lui faire concurrence. Il s’intègre très bien à la reproduction de la chapelle de l’église Notre-Dame de Montmorillon (Vienne).

Jusqu’au 30 septembre. 1, place du Trocadéro, à Paris. www.citedelarchitecture.fr/fr/exposition/le-mobilier-darchitectes-1960-2020